Leno Lovecraft : "On a un humour spécial"

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Garçon introverti bien dans ses baskets et son pull en laine gris, Leno Lovecraft pointe le bout de son nez pour nous parler de sa musique. À tout juste 20 ans, le petit kiwi a traversé les continents pour faire des concerts en Europe et déverser ses grosses lignes de guitares sur lit de synthés retro et hymnes 8-bit.

On est là, dans un petit bar du XIe arrondissement parisien et Leno Lovecraft arrive en retard car il tenait à accrocher son badge "Maman Records", histoire de montrer de quel maison il provenait. Ainsi soit-il. On commande de concert un jus d’ananas pour être sur la même longueur d’onde et la discussion peut enfin commencer. "J’ai toujours voulu être musicien. Eleonore Klar qui travaille pour I Heart – un magazine itinérant – m’a vu joué à un festival Néo-zélandais et elle en a parlé aux gars de Maman Records – label français parmi lesquels Kisses, Chad Valley ou récemment Greatest Hits -. Après ils m’ont contacté. En Février. Ça a été rapide, a signature tout ça…".

Rapide comme l’instantanéité de ses morceaux qui tiennent quelque chose d’androgyne et clairement sexuel. Le "sex", un tag parfait qu’il n’hésite pas déployer sur son bandcamp aux côtés de "disco – glam – italo – New Zealand". Pour lui, cette notion sexuelle tient essentiellement de son inspiration du courant italo-disco des années 80. Pas vraiment de groupes l’ont influencé mais ce sont plutôt des morceaux en particulier, comme celui de Mr. Flagio, "Take A Chance" sorti en 1983, "un classique" selon ses mots.

Peut-on donc dire que sa musique est retro? "Pour moi, c’est futuriste. Ça décrit une utopie". A travers les dédales électroniques marqués pas ses synthétiseurs décomplexés et ramenés à la vie, Leno arrive à peindre en quelques notes blanches une atmosphère parfois cinématographique, le genre de séquence désaturée avec une bande de jeunes adultes new-yorkais qui glanent avec nonchalance, glace à la main, sans jamais s’ennuyer pour autant. Disons alors que sa musique est retro-futuriste, ce qui, en soit, n’avance à rien.
J’essaie de le ramener auprès de ses racines. Comprendre pourquoi il a quitté la Nouvelle-Zélande. "J’ai un home-studio, ma musique est do-it-yourself. Je pense que ma musique est influencée par la culture locale. Le fait que ce soit un pays isolé, unique, un endroit très spécial. On a un humour spécial." Mais clairement, la musique n’est pas quelque chose d’inhérent à son pays.
On cherche alors comment la musique de son pays pourrait se définir, comme si son pays souffrait d’un manque d’identité. En vain. Il me parle de Connan Mockasin (notre rencontre ici) qu’il apprécie. Je lui parle du duo comico-musical Flight Of The Conchords et de cet "humour spécial" qu’il évoque. "On partage ce même rapport à la culture, on cultive quelque chose d’authentique".

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LENO LOVECRAFT : EP#1
Maman Records

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