
texte et photos : Anh Phi
Été 2010. Au-delà de “Let’s Go Surfing” des Drums, “Waka Waka” de Shakira, ou encore un titre pourri de Two Door Cinema Club, on retiendra surtout un titre de cet été là . Ce titre, c’est “Go Outside”, de la pop estampillée sixties orchestrée par un duo new-yorkais encore inconnu, Cults.
Un an plus tard on rencontre le couple, Madeline et Brian, dans les couloirs de la Cigale à l’occasion du festival des Inrocks Black XS pour leur cinquième concert parisien. On se fait un petit constat de ces douze derniers mois, depuis les fauteuils inintéressants d’une fac de cinéma jusqu’aux concerts qui s’enchaînent à travers les continents.
“L’année était très très longue. On a eu à peine un mois de repos. Beaucoup de travail, de tournées, mais aussi beaucoup de fun et de bonnes choses” nous confie Madeline. “C’était formidable. L’année dernière à la même époque on jouait au Texas avec des musiciens totalement différents et on n’avait aucune idée d’où on allait et de ce qu’on foutait. Depuis, on est passés par des centaines d’endroits et vécus des expériences folles. C’était une putain de bonne année” ajoute Brian.
Sur ces 12 derniers mois, le groupe a subit l’ascension et l’exportation quasi-instantanée aidée – en grande partie – par la gracieuse main du web, avec en sus, une signature sur le label de Lily Allen, In The Name Of (imprint de Columbia Records, faut pas déconner).
Il y avait tout de même de quoi s’inquiéter quant à la viabilité du groupe suite à un single aussi efficace. À l’instar de Radiohead et son “Creep” devenu un handicap, “Go Outside” aurait-il pu leur faire subir le même sort?
“On était totalement confiants en nous-mêmes qu’on allait séduire avec tous nos autres morceaux même si sans “Go Outside”, on n’en serait probablement pas là aujourd’hui. On deviendra bien plus gros que Radiohead. Pour nous, ce qu’on ressent dans ce premier album, c’est qu’on n’avait aucune idée d’où on allait. C’était comme des enfants dans une boutique de bonbons. On n’avait jamais fait d’album auparavant ni entré dans un studio. J’ai appris à faire de la guitare dans ce groupe. Madeline a appris a chanter. Donc maintenant on est plus confiants vis-à-vis de nos chansons.”
Le groupe compte bien s’affirmer après ce premier album plutôt réussi en allant plus loin que la simple candeur qu’on peut leur accorder. “Je ne pense pas que ce sera difficile de faire évoluer notre son. On a grandi en tant que musiciens et songwriters. On a des meilleures idées en terme de dynamiques et de structures, comme avoir plus de parties dans un morceau. Je ne suis pas inquiet, on ne sera pas dans une situation à la Pet Sounds (album phare des Beach Boys, ndlr) avec un million de parties différentes dans un seul morceau… Mais heureusement, Madeline est toujours là pour dire “c’est terminé.”

En glanant ici et là sur l’internet, le sempiternelle et inutile débat indie vs mainstream bat son plein avec Cults.
“On est indés” tranche Madeline. “Je pense que si tu fais de la musique, tu ne peux segmenter un groupe vis-à-vis de son audience. Si tu aimes un groupe, tu l’aimes. On veut être comme U2“. Sujet clos.
Cults considère que leur musique est moderne, et au-delà de leur son volontairement retro, ils affirment aimer les Smith Westerns, Timber Timbre, Those Darlins, Wu Lyf ou encore Sleigh Bells. “Ce sont beaucoup de groupes qui s’orientent vers des anciennes périodes de la musiques mais avec un regard frais. Il est difficile de définir ce qu’est la musique moderne aujourd’hui… Enfin peut-être que le dubstep est moderne, je ne sais pas”.
Mais ce qu’il faudra retenir, c’est que Madeline et Brian aiment bien boire et désirent partager cet amour pour l’alcool.
“Avec notre musique, on veut que les gens se sentent bourrés. On veut que le public se sente jeune. C’est pourquoi on aime ces groupes tels Smith Westerns ou Sleigh Bells, qui font une sorte d’éloge de l’immaturité. Encourager les gens de profiter de leur jeunesse, de sortie et de se foutre dans des situations galères, puis regarder en arrière et en rire. C’est un peu comme ça qu’on est en tournée. Bourrés.”.
Étrangement, le groupe avoue n’avoir jamais annulé un concert mis à part leur tout premier, annulé quatre fois. Malgré les multiples maladies de Madeline ou encore un doigt cassé pour Brian, lorsque le public paie pour venir les voir, “la moindre des choses est de ne pas les laisser tomber“.
Et que se passera t-il en 2012?
“- 2012, le monde est supposé s’arrêter.
- Tout le monde va mourir.
- Mais on a surtout deux choses. D’un côté nous travaillerons le prochain album de l’autre côté, on travaillera sur des projets cinémas, des mixtapes hip hop… bref, autant de choses étranges que possible.”
PHRASE BONUS
Madeline : “Do you now Jonah Hill? We’re going to have one of our song in one of his next movie.”

L’album de Cults sur Deezer ◊ iTunes
Remerciements : Phunkster










